D’azur au lion d’or mantelé du même, le mantelé
sommé d’une silhouette de télégraphe Chappe de sable,
accostée de deux quintefeuilles de sinople : au chef d’azur
chargé d’un clou d’argent accosté de deux fleurs de lis
d’or.
C’est sur le territoire de la Commune de Saint
Martin-du-Tertre que se trouve, en forêt de Carnelle un des
mégalithes les plus importants de la région parisienne : le Dolmen
de la Pierre Turquaise, nom qui ne paraît pas remonter au-delà du
XVIe siècle.
Au spirituel, la paroisse de Saint Martin-du-Tertre relevait de
l’abbaye de Saint Denis dont les armes ont été rappelées dans
le chef de l’écu.
La principale seigneurie était celle de Franconville qui du Xvè au
XVIIè siècle appartint à la famille d’O. Surintendant des
finances, Jacques d’O fut un des meilleurs ami d’Henri
III. Cette Seigneurie rendait hommage au comté de Beaumont-sur-Oise
dont le lion du blason actuel concrétise le souvenir.
Le tertre est symbolisé par le mantelé. En effet, un des points
les plus élevés du Département se trouve dans cette Commune et
c’est pourquoi il fut choisi par Chappe pour y effectuer en
1793 des essais de télégraphie optique, ce que rappelle également
le blason de la Commune.
Sur le tertre s’élevait un lieu culte païen qui fut
christianisé, chapelle Saint Martin. Au cours des invasions
barbares, les habitants de la Cavée (en bas du tertre) abandonnent
leurs maisons détruites pour se réfugier sur la colline, auprès de
la motte féodale. L’abbaye de Saint-Denis qui possédait
d’importants domaines dans le pagus du Chambliois les accrut
encore quand
elle reçut de Charlemagne la
villa (domaine) de Luzarches et ses dépendances où figure
Franconville-au-Bois, mentionné dans une charte datée de 775 à
Luzarches.
Sancti Martini in Colle et Francorumvilla sont dans la mense
abbatiale. En 832, l’abbé Hilduin partage les biens de
l’abbaye entre lui et ses religieux, pour subvenir à leur
entretien, à cette occasion apparaît Franconville-au-Bois. En 1153,
Mathieu 11, comte de Beaumont, passe un accord avec Eudes de Deuil,
abbé de Saint-Denis, pour établir un moulin à Béhu, des étangs et
élever à Saint-Martin une villa sur un lieu inculte appartenant à
l’abbaye. L’abbé et le comte percevraient la moitié de
toutes les redevances ainsi que sur les " hôtes " (habitants) qui
viendraient s’y établir. Seule, la première partie de
l’accord se concrétisa. Jean de Beaumont étant mort sans
descendant direct, PhilippeAuguste profita du désaccord entre les
cohéritiers pour faire main basse sur le comté. Il est donné par
Philippe le Hardi en apanage à son fils Louis.
La prisée de 1331 signale 38 feux à Franconville, environ 160
habitants. Un chevalier nommé Gui d’Anglure en était
seigneur. En 1377, Hutin Le
Baveux reçoit l’usufruit
des seigneuries de Baillet et de Franconville de Louis Il de
Bourbon, pour les bons services qu’il lui a rendus. Par la
suite en 1382, Louis Il lui donne la pleine propriété des deux
seigneuries. Sa fille, Jeanne Le Baveux, épouse Robert VI
d’O, capitaine de la ville d’Exmes (Orne) et sénéchal
du comté d’Eu. Par ce mariage, elle fait entrer les
seigneuries de Baillet Franconville et de Maillebois dans la maison
d’O.
La seigneurie de Franconville fut élevée au rang de marquisat par
lettres patentes de Louis XIII en 1619. Jacques 11, par une
négligence inexplicable, omit de les faire enregistrer. À cette
période va commencer un long procès entre l’abbaye de
Saint-Denis et les seigneurs d’O sur la détention de
Saint-Martin. Procès fomenter par un avocat jaloux, dont les
seigneurs d’O sortiront victorieux. Le comte de Lauraguais,
héritier d’Adélaïde Geneviève Félicité d’O, sa mère,
pour payer ses dettes, vendra Baillet au prince de Conti. En 1769,
il récidive, Franconville sera cédé à M. Gerbier, avocat. Ce
dernier relèvera le domaine, fera construire un nouveau château en
1775. Un banquier suisse, Paul Louis de Thellusson sera acquéreur
en 1782 du domaine. Il e cédera à Louis Aspais
Amiot en 1788. La baronne Roger
héritera de son père, André-jean Leroux. Elle le léguera au duc de
Massa, son fils aîné. Amateur des arts, il fera rebâtir, à la place
du château de M. Gerbier, une copie de Maisons-Laffitte. Son cousin
le vendra en 1924 au département de la Seine qui en fera un
sanatorium. Désaffecté depuis 1992, il est à l’abandon plus
ou moins. Le théâtre Renaissance se dégrade et l’Orangerie
menace de s’effondrer. À quand un mécène ?
M. Jean-Jacques Ollier, curé de Saint-Sulpice, créateur des
sulpiciens, était le seigneur du fief de Fontenelle. Son ami,
Vincent de Paul y vint.
Louis Sulpice Varé fut commandité par Napoléon III pour créer le
bois de Boulogne. Haussmann le remplaça par Alphand, un
ingénieur.
Le livre de Daniel Baduel, consacré à Saint Martin et préfacé par
François Scellier, président du Conseil Général du Val-d’Oise
est édité. Ce livre vous conduira de la préhistoire à l’an
2000 en passant par la Pierre Turquaise, le mégalithe le plus
ancien de l’Ile-de-France, puis la ferme de Fontenelle . Il
vous parlera également des célébrités de notre village, Benjamin
Constant, Louis Sulpice Varé, créateur du bois de Boulogne, Jules
Moignez sculpteur; animalier, Louis Diémer ami de Cortot, Saint
Saëns..